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Les mythes du FONAREV

FONAREV formule quatre affirmations. Voici ce que les sources primaires révèlent.

+212 M$

collectés en 18 mois auprès de donateurs internationaux

<2,5 %

des fonds ont atteint des bénéficiaires sous quelque forme que ce soit

1,6 M$

coût estimé de la seule cérémonie de commémoration 2025

0

tribunal international ayant qualifié les événements de l'est de la RDC de génocide

01
Détournement de fonds
LE MYTHE

« FONAREV est un fonds de réparation pour les victimes »

Source : The Great Lakes Eye ; rapports d'enquête financière 2024–2025
LES FAITS

Le FONAREV — Fonds National des Réparations des Victimes — a été créé par la loi congolaise du 26 décembre 2022 avec une mission explicite : identifier les victimes de violences, leur apporter un soutien psychosocial, les accompagner dans les procédures judiciaires et leur verser des réparations financières. Cette mission était légitime et attendue.

La réalité de son fonctionnement est l'opposé de son mandat. Entre janvier 2024 et juin 2025, le FONAREV a collecté plus de 212 millions USD auprès du gouvernement congolais, de donateurs internationaux et d'organisations philanthropiques mondiales. De cette somme, moins de 2,5 % — environ 5 millions USD — a atteint des bénéficiaires. Et encore : ces 5 millions n'ont pas servi à un soutien direct aux victimes. Ils ont financé la rénovation d'une école et la construction d'un mémorial à Kisangani, province du Tshopo.

Les 207 millions restants ont été orientés vers des mémoriaux de prestige, des productions de concerts de luxe, des déplacements internationaux, des campagnes de propagande numérique et, selon des enquêteurs financiers, des comptes privés liés à l'entourage familial et politique du président Tshisekedi. La seule cérémonie de commémoration Genocost 2025 aurait coûté plus d'1,6 million USD.

Ce n'est pas une erreur de comptabilité. Ce n'est pas une inefficacité bureaucratique. C'est une institution fondée au nom des victimes de génocide — financée par des donateurs internationaux qui croyaient aider ces victimes — qui a distribué moins de trois centimes par dollar collecté aux personnes qu'elle était censée servir. Les survivants congolais ne sont pas les bénéficiaires du FONAREV. Ils en sont les instruments.

Sources

  • The Great Lakes Eye, rapports d'enquête 2024–2025
  • Jeune Afrique, dossier FONAREV 2025
  • Loi RDC 22/065 du 26 décembre 2022
  • Justice Info, financement FONAREV
02
Incitation ethnique
LE MYTHE

« "Les Tutsis" constituent un groupe collectivement coupable de génocide »

Source : FONAREV, site officiel (fonarev.cd)
LES FAITS

Le site officiel du FONAREV — institution d'État financée par des fonds publics et des donateurs internationaux — affirme : « Les massacres systématiques et planifiés des Bantous de la RDC par les Tutsis du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi constituent un génocide qui doit être reconnu comme tel. » Cette phrase mérite un examen mot à mot.

L'invocation des « Bantous » comme catégorie de victimes n'est pas un descripteur ethnique. C'est un instrument de mobilisation politique. « Bantu » désigne des centaines de groupes ethniques à travers l'Afrique centrale et australe — c'est une classification linguistique et anthropologique, pas une communauté politique. Son utilisation comme population victime désignée implique un peuple uni et cohérent sous attaque. Elle ne décrit pas la réalité. Elle fabrique une circonscription électorale.

Plus grave : le cadrage Bantou-contre-non-Bantou reproduit directement l'idéologie anti-Tutsi qui a alimenté le génocide rwandais de 1994 — dans lequel les Tutsi étaient présentés comme des intrus non-Bantou qui n'appartenaient pas à l'Afrique centrale et dont l'élimination relevait de la légitime défense pour la population « authentique ». Le FONAREV a repris exactement cette structure idéologique et l'a inversée à des fins politiques internes. L'architecture est identique. Les conséquences d'un tel langage en zones de conflit sont bien documentées.

« Les Tutsi du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi » ne sont pas un État, une armée, un gouvernement ou un corps politique organisé. Ce sont des millions de civils — agriculteurs, enseignants, commerçants, réfugiés, étudiants — qui partagent une identité ethnique. Attribuer une culpabilité collective pour des acteurs armés spécifiques à un groupe ethnique entier n'est pas du plaidoyer politique. C'est de l'incitation ethnique. Le FONAREV est une institution d'État, dotée d'un mandat légal et d'une cérémonie annuelle rassemblant des centaines de milliers de personnes. Quand cette institution désigne « les Tutsi » comme auteurs d'un génocide, elle n'exprime pas le deuil des survivants. Elle encode la haine ethnique dans l'appareil de l'État.

Sources

  • FONAREV, site officiel (fonarev.cd)
  • Genocide Watch, rapport Afrique centrale 2024
  • Convention pour la prévention du génocide, ONU, 1948
  • TPIR, Affaire Akayesu — définition de l'incitation au génocide, 1998
04
Omission structurelle
LE MYTHE

« Le narratif GENOCOST présente un tableau complet du conflit »

Source : Rapports du Panel d'experts ONU sur la RDC 2023–2025 ; CSNU Résolution 1804
LES FAITS

Les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) sont une organisation terroriste désignée par le Département d'État américain, dont la direction fondatrice comprenait des architectes du génocide rwandais de 1994 contre les Tutsi. Après ce génocide, les forces génocidaires et environ un million de réfugiés hutus ont fui vers l'est du Zaïre. Les FDLR opèrent depuis ce territoire congolais depuis plus de 30 ans, s'attaquant aux populations civiles de toutes origines ethniques, y compris aux Tutsi congolais (Banyamulenge).

Le Conseil de Sécurité de l'ONU a adopté plus de 12 résolutions reconnaissant les FDLR comme acteur central du conflit et exigeant leur désarmement. Des experts du Panel des Nations Unies ont documenté à plusieurs reprises des éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) opérant en coordination tactique avec des unités FDLR. Ces rapports, transmis au Conseil de Sécurité, sont publics. À ce jour, la RDC n'a jamais pleinement appliqué aucun mandat de désarmement des FDLR.

Les Banyamulenge — Tutsi congolais de citoyenneté congolaise — sont effacés en tant que victimes dans le cadre Genocost. Des centaines de milliers d'entre eux vivent comme réfugiés apatrides en Ouganda, au Rwanda et au Burundi, expulsés d'un pays qui les revendique comme citoyens. Des milices Wazalendo, combattant sous la bannière du gouvernement congolais, ont ciblé des communautés civiles tutsi lors d'opérations armées. Rien de tout cela n'apparaît dans le cadre Genocost, parce que reconnaître les Tutsi congolais comme victimes de forces alignées sur l'État congolais briserait le binaire victime-bantou / coupable-tutsi que la campagne requiert.

Toute analyse du conflit à l'est du Congo qui n'intègre pas les FDLR, les défaillances de gouvernance congolaise, et la nature multi-acteurs des atrocités est structurellement incomplète. L'omission du FONAREV n'est pas un oubli. C'est une décision éditoriale qui sert une conclusion politique prédéterminée.

Sources

  • Rapports du Panel d'experts ONU sur la RDC, 2023, 2024, 2025
  • CSNU Résolution 1804 (2008) — dissolution des FDLR
  • CSNU Résolution 2360 (2017)
  • US Department of State, FDLR Terrorist Designation
  • Human Rights Watch, Banyamulenge displacement reports
05
Inexact en droit
LE MYTHE

« Des millions de morts constituent automatiquement un génocide »

Source : Convention ONU pour la prévention du génocide, 1948, Art. II
LES FAITS

La gravité d'un crime ne le qualifie pas automatiquement en génocide. La Convention ONU de 1948 exige la preuve d'une intention spécifique de détruire un groupe protégé — le dolus specialis. Ces crimes sont des crimes contre l'humanité : tout aussi graves, tout aussi poursuivables aujourd'hui.

06
Non établi juridiquement
LE MYTHE

« Soutenir un groupe armé équivaut juridiquement à commettre un génocide »

Source : CPI, jurisprudence sur la complicité de génocide ; Panel ONU, rapports 2023–2025
LES FAITS

Soutenir un groupe armé et commettre un génocide sont deux choses juridiquement distinctes. Aucun tribunal international n'a établi cette équivalence pour le conflit congolais. Les FDLR — présents en RDC depuis plus de 30 ans, avec une direction fondatrice impliquée dans le génocide de 1994 contre les Tutsi — constituent quant à eux un dossier documenté, ignoré par le narratif officiel.

07
C'est l'inverse
LE MYTHE

« Critiquer le FONAREV revient à s'opposer aux réparations pour les victimes »

Source : CAYP, déclaration publique, juin 2026
LES FAITS

C'est l'inverse. Le CAYP lui-même — fondateurs du terme « genocost » — a dénoncé le FONAREV comme une « farce ». Critiquer un fonds qui retient 97,5 % de l'argent collecté, c'est défendre les victimes. Les approuver en silence, c'est les trahir.

Démanteler le mythe Genocost : comment le FONAREV a transformé le deuil en instrument politique

La campagne Genocost se présente comme un mouvement pour la vérité, la mémoire et les réparations. Ce dossier examine ce qu'elle est réellement : un narratif fabriqué par l'État, bâti sur une incitation ethnique, une fiction juridique, et le détournement systématique de fonds destinés aux victimes mêmes qu'il prétend défendre.

I. Ce qu'est le FONAREV — et ce qu'il fait réellement

Le FONAREV — Fonds National des Réparations des Victimes — a été créé par la loi congolaise du 26 décembre 2022. Sa mission déclarée est noble : identifier les victimes de violences liées au conflit, leur apporter un soutien psychosocial, les accompagner dans les procédures judiciaires, et leur verser des réparations financières.

La réalité de son fonctionnement est l'opposé de son mandat.

Entre janvier 2024 et juin 2025, le FONAREV a collecté plus de 212 millions USD auprès du gouvernement congolais, de donateurs internationaux et d'organisations philanthropiques mondiales. De cette somme :

Les survivants congolais de l'est de la RDC ne sont pas les bénéficiaires du FONAREV. Ils en sont les instruments.

Ce que les chiffres montrent

Moins de 2,5 % — environ 5 millions USD — ont atteint des bénéficiaires sous quelque forme que ce soit. Ces 5 millions n'ont pas servi à un soutien direct aux victimes. Ils ont financé la rénovation d'une école et la construction d'un mémorial à Kisangani, province du Tshopo.

Les fonds restants — plus de 207 millions USD — ont été redirigés vers des mémoriaux de prestige, des productions de concerts de luxe, des déplacements internationaux, des campagnes de propagande numérique, et, selon des enquêteurs financiers, des comptes privés liés à l'entourage familial et politique du président Tshisekedi.

La seule cérémonie de commémoration Genocost 2025 aurait coûté plus d'1,6 million USD. Une seule cérémonie — pour une institution qui déclare ne pas avoir les moyens de payer les survivants.

Ce n'est pas une erreur de comptabilité. Ce n'est pas une inefficacité bureaucratique. C'est une institution fondée au nom des victimes de génocide, financée par des donateurs internationaux qui croyaient aider ces victimes, qui a distribué moins de trois centimes par dollar collecté aux personnes qu'elle était censée servir.

II. Le terme « Genocost » — volé à la société civile, remis à l'État

Le mot « Genocost » n'a pas été inventé par le gouvernement Tshisekedi. Il a d'abord été utilisé en 2013 à Londres par des militants de la Congolese Action Youth Platform (CAYP) — une organisation diasporique cherchant à attirer l'attention mondiale sur les dimensions économiques de la violence de masse à l'est du Congo. Le concept était légitime et important : que les meurtres de masse dans l'est de la RDC n'étaient pas une guerre aléatoire, mais une destruction systématique liée à l'extraction des ressources naturelles. Nommer. Pleurer. Exiger la responsabilité.

Le gouvernement Tshisekedi a pris ce mot, construit une institution d'État autour de lui, déclaré une journée nationale de commémoration, produit des concerts et des mémoriaux, et recruté des célébrités et des artistes pour l'amplifier à l'international. Des groupes de la société civile qui ont créé le terme ont dit ouvertement que la version gouvernementale « semble inachevée » — une appropriation qui prend ce qui est politiquement utile et jette ce qui ne l'est pas.

Ce qui a été jeté : l'exigence que tous les auteurs soient nommés, indépendamment de leur relation avec Kinshasa. Ce qui a été conservé : le cadrage qui désigne un ennemi extérieur singulier. Le Genocost des rues est devenu le Genocost de l'État — et dans cette transformation, il a cessé d'être une question de victimes pour devenir une question de pouvoir.

Contexte : les FDLR

Qui sont les FDLR ?

Les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) sont une organisation terroriste désignée par les États-Unis, dont la direction fondatrice comprenait des architectes du génocide rwandais de 1994 contre les Tutsi. Après ce génocide, ces forces et environ un million de réfugiés ont fui vers l'est du Zaïre. Les FDLR opèrent depuis ce territoire depuis plus de 30 ans, s'attaquant à des populations civiles de toutes origines. Le FONAREV ne les mentionne nulle part dans ses documents officiels.

Désignés organisation terroriste par le Département d'État américain — leur direction fondatrice comprenait des architectes du génocide de 1994 contre les Tutsi
Le Conseil de Sécurité de l'ONU mandate leur désarmement depuis 2003 par plus de 12 résolutions — la RDC ne l'a jamais appliqué
Des experts ONU ont documenté des forces des FARDC opérant en coordination tactique avec des unités FDLR — rapports transmis au Conseil de Sécurité
Les Banyamulenge — Tutsi congolais — sont victimes de violences de milices alignées sur Kinshasa. Le FONAREV ne les mentionne pas comme victimes

Chronologie complète

1994
Génocide contre les Tutsi au Rwanda — plus d'un million de personnes en 100 jours

Le seul génocide juridiquement établi dans cette région, reconnu par le TPIR. Les génocidaires et environ un million de réfugiés hutus fuient vers l'est du Zaïre. Ils forment les FDLR — l'origine directe de la crise sécuritaire qui suit.

Absent du narratif GENOCOST
1996
Première guerre du Congo — camps génocidaires démantelés

Une intervention armée démantèle les camps de réfugiés génocidaires dans l'est du Zaïre. Le régime Mobutu s'effondre. GENOCOST présente cela comme son point de départ — sans le contexte de 1994.

Date de départ GENOCOST — cause omise
1997
Chute de Mobutu — Laurent-Désiré Kabila prend le pouvoir

Après 32 ans de règne, Mobutu Sese Seko fuit le pays. Laurent-Désiré Kabila est porté au pouvoir avec l'appui du Rwanda et de l'Ouganda. Le Zaïre redevient la République Démocratique du Congo.

1998
Deuxième guerre du Congo — Kabila réarme les milices hutues

Kabila expulse les forces étrangères et réarme les restes des FDLR. La guerre implique six nations africaines. GENOCOST documente cette période sans mentionner les décisions politiques qui l'ont déclenchée.

2001
Assassinat de Kabila — Joseph Kabila lui succède

Laurent-Désiré Kabila est assassiné le 16 janvier 2001. Son fils Joseph Kabila lui succède à l'âge de 29 ans et engage rapidement des négociations de paix avec les pays voisins.

2003
Accord de Pretoria — désarmement des FDLR mandaté, non appliqué

La paix formelle est signée. Le désarmement des FDLR est mandaté. La RDC ne l'applique pas — et ne le fera jamais pleinement jusqu'à aujourd'hui. Cet échec est central pour comprendre les épisodes de violence qui suivent.

2004
Reprise des violences au Kivu — FDLR toujours présents

Les violences reprennent dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu malgré l'accord de paix. Les FDLR, dont le désarmement n'a pas été appliqué, continuent d'opérer depuis les forêts de l'est congolais.

2008
CSNU Résolution 1804 — dissolution immédiate des FDLR exigée

Le Conseil de Sécurité de l'ONU adopte la résolution 1804 exigeant la dissolution immédiate des FDLR. C'est l'une des plus de 12 résolutions reconnaissant les FDLR comme acteur central du conflit. La RDC ne l'applique toujours pas.

GENOCOST ne mentionne pas les résolutions FDLR
2010
Rapport Mapping ONU — crimes graves documentés, génocide non déclaré

617 incidents de 1993 à 2003 examinés. Plusieurs parties identifiées. Crimes graves documentés. La qualification de génocide n'est pas retenue. Les attaques des FDLR contre les Tutsi en RDC sont également documentées — ce que GENOCOST ne mentionne pas.

2012
Rébellion M23 — prise de Goma (novembre 2012)

Le Mouvement du 23 mars (M23) capture Goma en novembre 2012. Le groupe est vaincu en 2013 mais se reforme en 2021. Les experts ONU documentent des liens avec Kigali, que le Rwanda conteste.

2022
La RDC adopte la loi GENOCOST — le FONAREV est créé

La loi 22/065 désigne le 2 août comme journée nationale du Génocost. Des juristes congolais indépendants, dont des chercheurs d'Ebuteli, notent que le concept manque encore de la définition juridique précise requise pour une qualification internationale de génocide.

Juristes congolais : définition incomplète
2023
Résurgence du M23 — est du Congo déstabilisé

Le M23 reprend des territoires significatifs dans le Nord-Kivu. Des millions de déplacés. Le processus de Luanda, médié par l'Angola, tente de négocier un cessez-le-feu. Le désarmement des FDLR reste une condition centrale posée par Kigali.

2025
Le M23 prend Goma — processus de paix de Luanda en cours

Offensive du M23 en janvier 2025. Des pourparlers de paix médiatisés par l'Angola et le Kenya se poursuivent. Le désarmement des FDLR reste au cœur des conditions pour un retrait.

Sources

Sources : site officiel FONAREV (fonarev.cd) ; The Great Lakes Eye, enquêtes 2024–2025 ; Jeune Afrique ; Justice Info ; Africanews ; Genocide Watch ; Black Agenda Report ; déclarations officielles du Ministère des Affaires Étrangères du Rwanda ; Rapports du Groupe d'Experts ONU sur la RDC (2023, 2024, 2025) ; Rapport Mapping ONU (2010) ; International Crisis Group.